2010-2011


    2011 : Juin -

Sacrées Montoises (article SO du 13 juin 2011)

Le titre de champion de France

 

 

des Montoises couronne la

 

 

victoire d'un groupe solidaire.

 

 

Longtemps malmenées, les Montoises ont su trouver un deuxième souffle pour décrocher leur premier titre national.

 

Toutes les séries ont une fin. Culoz l'a appris à ses dépens hier après-midi. Favorites de ce Final Four, les joueuses de l'Ain, qui se présentaient sur le terrain de Paray-le-Monial précédées d'une impressionnante série de 31 victoires consécutives en championnat, ont trébuché, à bout de nerfs et de force, sur la dernière marche, en finale du championnat de France de N3F, mises en échec par la formation du Stade Montois féminin (55-51). Des Montoises, battues (pour du beurre) une semaine plus tôt par ces mêmes Culoziennes (68-61) en finale du tournoi à quatre d'Angers, qui reviennent de Bourgogne avec la revanche et le titre de championnes de France qu'elles étaient venues y chercher.

 

Un sacre historique pour le club de la préfecture landaise au passé glorieux, qui permet au Comité des Landes de basket-ball de conserver le trophée national de N3F, détenu depuis juin dernier par Basket Landes. 24 heures après un succès relativement aisé, la veille, face aux Martiniquaises de La Rivière Salée, les Montoises ont toutefois dû davantage s'employer pour coiffer leurs premiers lauriers hexagonaux. « Elles ont fait un match énorme. Mentalement, elles se sont fait mal jusqu'au bout », exultait la présidente Armelle Delhoume. L'accession en N2, une Coupe des Landes et maintenant le titre de champion… Ce grand chelem méritait bien un « Paquito » endiablé et quelques chants landais au centre du terrain. Mounia Ghroum, électrisée, jouait les chantres, n'hésitant pas à chiper le micro du speaker pour pousser la chansonnette. Et à quelque peu bousculer le protocole fédéral. Qu'importe.

 

Foi et solidarité

« On a juste envie de savourer et de fêter cette victoire, confirmait Lucie Cascailh, sa troisième médaille d'or autour du cou (après 2008 en N1F et 2010 en N3F). La saison a été tellement longue, beaucoup trop longue. On n'est pas des machines non plus, cette formule est à revoir d'urgence. » Mais hier après-midi, le bonheur était plus fort que la fatigue. Et « la foi en notre collectif et notre force de caractère » a eu raison de la puissance physique des Culoziennes.

 

« On savait qu'elles étaient coriaces, sans pour autant penser qu'elles étaient imprenables, soulignait Armelle Delhoume, dans l'intimité d'un vestiaire montois en effervescence. Les filles n'ont jamais douté, jamais vraiment stressé. » Mais ont toujours répondu au combat physique imposé par le Culoz BC, en tirant la quintessence de leur potentiel individuel. « Il y a en toujours eu une pour pallier les faiblesses de l'autre », insistait Armelle Delhoume. Cette solidarité sans faille permet d'ailleurs aux Landaises, grâce à l'efficacité conjuguée de Marie-Eve Degoulet et Lucie Cascailh (10 points), de prendre les commandes de cette finale (14-11, 6e), lancée sur des bases ultra-défensives. Un primé de Mounia Ghroum, peu en réussite près du cercle, a beau, dès le début du deuxième partiel, effacer l'égalisation culozienne, les filles de Jean-Pierre Dequatre ont vite fait de reprendre l'ascendant, abandonnant une individuelle infructueuse pour repasser à une défense de zone qui avait posé tant de misères aux Montoises une semaine plus tôt. L'effet est immédiat, Culoz, porté par son intérieure polonaise Lucja Tomczak (11 pts dans le deuxième acte), infligeant un 7-0 aux Montoises, en panne sèche en attaque mais qui font le dos rond en défense pour ne pas sombrer. Autant dire que le panier à 3 points de Mélissa Darras en fin de possession est accueilli avec un grand soulagement à l'heure du changement de côté (22-25).

 

A l'usure et au mental

La reprise est 100 % culozienne, la puissance de Tomczak et les pénétrations de Florès mettant à mal la défense landaise qui commence à flancher. Cascailh et Lespès ne ménagent pourtant pas leurs efforts, mais la Polonaise du CBC se montre intraitable dans la peinture (21 pts), donnant un bel avantage à ses coéquipières (29-38). Les Montoises ne se désunissent pas pour autant et, avec patience et application, trouvent les positions, sous l'impulsion de Darras, pour limiter la casse à l'orée du quart-temps de vérité (36-40). Une dernière ligne que les Montoises attaquent pied au plancher. Un primé de Ghroum et deux lancers francs de Graziano remettent les deux équipes sur un pied d'égalité (44-44), avant qu'un nouveau coup de collier de Lespes et Darras permette au Stade Montois de reprendre l'avantage (49-47). Tomczak tente bien de prendre le jeu à son compte pour inverser le cours d'une finale qui semble vouloir changer de camp, mais la Polonaise, épuisée par le travail de sape défensif de Cascailh et Graziano, s'étiole peu à peu. Et le collectif bugiste, en plein désarroi, avec elle.

 

Crânement, les Montoises, elles, se créent de plus en plus d'occasions, mais pêchent aussi dans la finition. La tension est à son comble. Le jeu est fermé à double tour de part et d'autre. Chaque panier vaut son pesant d'or. Lena Graziano ne le sait que trop, qui s'arrache sur un rebond offensif avant de remonter au cercle pour offrir 4 points d'avance aux Landaises (52-48). Et si un primé de Flores entretient encore l'espoir culozien à 42 secondes du buzzer, dans l'emballage final, Degoul et Cascailh sauront trouver l'énergie , le sang-froid, et l'agressivité suffisantes pour se mettre hors de portée sur la ligne de réparation. Et aller arracher avec autorité et orgueil un titre qui consacre une saison de tous les bonheurs.


(14/06/2011)